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Revenus des producteurs VS projets collectifs : à qui doit profiter les primes du commerce équitable


(article publié sur Chococlic)


Je ne suis pas vraiment d’accord avec l'idée qu’il faille privilégier les investissements pour la collectivité au lieu d’améliorer le revenu des producteurs.


Je sais que les sociétés rurales africaines font souvent preuve de plus de solidarité que nos sociétés occidentales mais pourquoi demander à des petits producteurs qui vivent bien souvent en deçà du seuil de pauvreté, de faire ce que nous rechignons à mettre en œuvre nous-mêmes. Regardons aussi comment nous français, avons réagi lorsque notre gouvernement a imposé une journée de solidarité pour financer l’aide à nos anciens !


J’ai participé, il y a déjà longtemps, à la généralisation des marchés autogérés de coton. Ce transfert de responsabilité des sociétés cotonnières vers les producteurs a généré des ressources financières non négligeables et les associations villageoises qui ont pris en charge la commercialisation du coton ont été fortement incités à utiliser ces ristournes pour des projets collectifs : constructions d’écoles, de puits, réfection de routes… Outre les inévitables cas de malversation qui accompagnent, hélas souvent de tels projets, j’ai été régulièrement témoin du mécontentement des producteurs de coton qui acceptaient mal de pallier par leur travail aux défaillances des États et surtout le fait d’être les seuls contributeurs alors que les autres composantes de la communauté qui bénéficiaient de ces investissements ne participaient pas. Bien des années plus tard j’ai eu des remarques similaires de cacaoculteurs ivoiriens.


Il ne faut pas mélanger les genres. Un groupement de producteurs doit rester sur une base professionnelle. Il peut utiliser une partie de ses ressources pour participer à des projets communautaires mais sa vocation première est d’améliorer les revenus et la vie de ses membres en améliorant la valorisation de leurs productions, en renforçant la productivité des parcelles et en facilitant les opérations culturales. Le commerce équitable doit, à mon avis, permettre une meilleure rémunération du travail des producteurs. Laissons-leur la décision d’utiliser cet argent pour couvrir leurs besoins quotidiens, envoyer leurs enfants à l’école, s’acheter une motocyclette ou cotiser pour la construction d’un centre de santé.

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