Appui au Développement Rural

au Sud du Tchad

Intervention pour le compte de la Compagnie Française  du développement des Fibres Textiles (CFDT). Détachement auprès de l'ONDR pour assumer la Direction de la Production de la Zone Soudanienne.

 

La Zone Soudanienne de l'ONDR s'étend sur tout le Sud du Tchad, depuis Léré à la frontière avec le Cameroun à l'Ouest, jusqu'à Kyabé à la frontière avec le Soudan à l'Est et descendait au Sud jusqu'à la frontière avec la Centrafrique.

La mission de l'ONDR est d'encadrer le développement rural dans cette vaste zone de savane arborée. L'ONDR appuie les agriculteurs et les aide à développer leurs exploitations agricoles, à améliorer la productivité des cultures vivrières, diversifier et augmenter leurs revenus.

Pour réaliser ces tâches, la Direction de la Production disposait d'une équipe de  de 400 techniciens : Chef de secteurs, formateurs conseillers agricoles et encadreurs. Cette équipe était complétée par un service formation et un service de Recherche Développement/Suivi Évaluation.

Renforcer la productivité des cultures vivrières :

Les cultures vivrières les plus répandues au sud des fleuves Logone et Chari étaient les céréales pluviales : sogho, maïs, millet et riz pluvial, l'arachide et le niébé, le sésame et le berbéré, variété de sorgho de décrue cultivée  dans les plaines de débordement des fleuves après le retrait des eaux.  L'ONDR appuyait aussi la diffusion de la culture du soja.

 

Les actions de l'ONDR en faveur de ces cultures comportaient un volet agronomique, une action sur les filières de commercialisation et un travail sur la protection des sols.

Volet agronomique :

  • Formation des paysans aux bonnes pratiques agricoles avec l’organisation de formations mensuelles en cascade et la réalisation de parcelles de démonstration en milieu paysan ;

  • Réalisation d’essais de prévulgarisation et de parcelles de démonstration en milieu paysan ;

  • Essais comparatifs de nouvelles variétés et diffusion de semences de variétés améliorées et d’intrants. En 1993 ce sont 150 tonnes de semences qui ont été livrées aux paysans ;

Amélioration de la commercialisation des productions vivrières :

  • Mise en place de banques de céréales en collaboration avec des Associations Villageoises. Celles_ci bénéficiaient d'un prêt de l'ONDR remboursable sur plusieurs années  pour constituer un fond de roulement. Ce fond permettait de racheter les productions aux agriculteurs à un prix décent pour résoudre les problèmes de trésorerie des exploitations et éviter ainsi leur commercialisation à vil prix lors des récoltes. Lors de la période de soudure, ces associations revendaient les céréales à des prix inférieurs au marché.

  • En 1993, cette action a concerné 200 Associations Villageoises. L’ONDR et les AV ont mobilisé un fond de roulement de 46 millions de CFA avec lequel des stocks de 930 tonnes de céréales ont été constitués.

Protection des sols :

  • L'ONDR a vulgarisé la production et l'épandage de fumier sur les parcelles pour maintenir la fertilité des sols. En 1993, 1800 parcs d’hivernage et une centaine d'étables fumières avaient été mis en place. Des parcelles de démonstration ont permis de convaincre les paysans de l’intérêt de l’apport de fumier mais les difficultés pour transporter et manipuler la litière et le  fumier ont été des freins puissants à la diffusion de ces techniques.

  • L'ONDR a aussi diffusé des pratiques visant à lutter contre l'érosion des sols : cultures suivant les courbes de niveau, plantation de haies vives, de bandes enherbées, réalisation de micro-diguettes, ....

Diffusion de la culture attelée :

Pour appuyer le développement rural et les productions vivrières dans le Sud du Tchad, l'ONDR organisait l''approvisionnement des agriculteurs en matériel de culture attelée. Achetés auprès de producteurs nationaux, des charrues, des multiculteurs, des semoirs et des charrettes ainsi que des pièces détachées étaient revendus aux agriculteurs à prix coutant.  Un crédit sur 2 ou 3 ans était possible pour les agriculteurs qui cultivaient du coton. Cette production apportant une garantie de remboursement dans la mesure ou le total du crédit de campagne coton et des autres crédits ne dépassait pas 30% de la valeur attendue de la vente de coton.

En 1993, ce sont 5 700 outils, 1 330 charrettes et 230 décortiqueuses à arachides qui ont été livrées à des paysans. Le taux de recouvrement des crédits atteignait 84 %.

En outre, l’ONDR réalisait des essais de matériels nouveaux comme le polyculteur lourd ou le coutrier pour préparer la ligne de semis sans labour.

Enfin, un projet d’appui aux forgerons encourageait la fabrication de pièces détachées par les forgerons dans les villages. Ils bénéficiaient d’une formation dans trois centres installés près de Doba, Léré et Pala et d’un crédit pour l’équipement de base (enclume, forge, ….) garanti par l’association de leur village. Après leur installation, les forgerons bénéficiaient d’un suivi et d’un appui pour leur gestion et leur approvisionnement en ferraille.

Renforcer les compétences des organisations paysannes :

Pour pérenniser les fruits de l’appui de l’ONDR au développement rural, la Direction de la production a cherché à développer l’implication des populations cibles dans la gestion des actions. Pour ce faire l’ONDR a appuyé le développement des organisations de producteurs et à aider à renforcer leurs compétences.

 

Les premières organisations appuyées par l'ONDR ont été les groupements de gestion des intrants. Ils sont nés du transfert, en 1986, de la gestion des stocks d’engrais, de semences et de pesticides pour la culture du coton, de leur distribution aux paysans et du recouvrement des crédits, aux villageois alors que ces taches étaient jusque-là assurées par les agents de l’ONDR. Ces groupements ont ensuite pris en charge la distribution du matériel agricole et le recouvrement des crédits qui y étaient liés.

En 1993, ils y avaient 12 900 groupements de producteurs sur toute l’étendue de la zone soudanienne.

A partir de 1998, des Associations Villageoises (AV) se sont superposées aux groupements de producteurs. Elles regroupent alors tous les habitants et les associations (groupements de producteurs, associations de parents d’élèves, groupements de défense sanitaire, ..) d’un village et jouent le rôle de collectivité locale informelle. La principale activité de ces AV était la commercialisation primaire du coton graine dont elles tiraient la majeure partie de leur ressources.

En 1993, il y avait 3 797 AV couvrant 82 % des villages recensés. En 1993, l’ONDR a transféré à ces AV, l’entretien des appareils de traitements des cotonniers.

Enfin, à partir de 1992, l’ONDR a suscité la mise en place d’une représentation régionale des paysans avec un échelon au niveau du canton, du secteur (découpage ONDR) et d'un bureau régional de 13 membres. Ce bureau se réunissait tous les deux mois à Moundou. Il validait le plan de campagne de l’ONDR. et représentait les paysans vis-à-vis de la CotonTchad, notamment en envoyant des coordinateurs paysans sur les ponts bascule des usines. Ce bureau diffusait, avec l’aide de l’ONDR, un bulletin de liaison inter-paysans tiré à 15 000 exemplaires et vendu 50 CFA.

L’ONDR appuyait les groupements de producteurs et les Associations Villageoises par la formation de leurs responsables à la gestion. L’ONDR a aussi organisé des sessions d’alphabétisation fonctionnelle des adultes en langue vernaculaire et en français. Enfin, l’ONDR aidait les Associations Villageoises à construire des magasins de stockage des intrants. 230 magasins ont ainsi été construits en 1993.

L'ONDR a aussi cherché à impliquer les communautés villageoises dans les processus de leur développement rural. Ainsi, l a cellule R&D de la Direction de la Production collaborait avec des villages pour la mise en place de plans de gestion des terroirs avec la diffusion des parcs arborés à Acacia albida, de cultures intercalaires de légumineuses, de la plantation de haies vives.

CONTACT