Gestion de la production de tabac au Laos

Nous sommes intervenus au Laos pendant 5 années au sein de Lao Tobacco Ltd, une joint-venture entre le Gouvernement du Laos et le groupe Impérial Tobacco.

 

Lao Tobacco produisait des cigarettes dans sa manufacture de Vientiane à partir de tabac Burley et Flue Cured Virginie cultivé au Laos par des agriculteurs indépendants.

 

Nous avons assuré la Direction du Leaf Department et nos responsabilités portaient sur la gestion de la production de tabac au Laos : depuis la culture par des producteurs indépendants, l'achat et la préparation des tabacs, leur utilisation pour la production de cigarettes localement ainsi que la vente de tabacs à d'autres filiales du groupe ITG ou à des clients hors groupe.

 

Nous avons aussi mis en œuvre les actions entrant dans le cadre du programme de durabilité "Social Responsibility in Tobacco Production"

La culture du tabac en paysannat :

La culture du tabac au Laos est pratiquée sur la quasi-totalité du territoire du Laos mais c'est surtout le long du Mékong au Sud fe Vientiane qu'elle est la plus présente.

Le tabac est cultivée en contre saison, dans les rizières de la plaine du Mékong et sur les terres inondées le long des principaux cours d’eau sur les terrains fertilisés par les alluvions déposées par les crues. Les semis sont réalisés en pépinières dans les villages en fin de la saison des pluies. Les plants sont repiqués après la récolte du riz et au fur et à mesure de la décrue.  Les producteurs irriguent leurs parcelles à l'aide de petites motopompes entrainées par des motoculteurs travaillant à poste fixe.

 

Une partie du tabac produit est transformée par les producteurs en « cut rag traditionnel » collectés par des acheteurs et vendus sur les marchés locaux. Plusieurs compagnies dont Lao Tobacco encadraient les producteurs de tabac et achetaient légalement leurs productions. Enfin des acheteurs vietnamiens et des intermédiaires de sociétés thaïlandaises achetaient illégalement une partie non négligeable de la production de tabac laotiens.

 

Lao Tobacco encourageait l'organisation des producteurs de coton pour faciliter les relations avec eux. Les producteurs de tabac étaient invités à s'organiser en groupements par affinité autour d’un « head of farmers ». Ces groupements étaient "informels" mais leur existence étaient reconnue par les autorités administratives locales. Ils servaient d’intermédiaire pour l’organisation de l’approvisionnement en intrants des producteurs et leurs formations, pour l’organisation des achats de tabacs ainsi que pour le recouvrement des crédits de campagne.

 

Dans le contexte de compétition exacerbée pour l'achat du tabac et alors qu’elle était la compagnie qui investissait le plus dans l’appui technique aux producteurs, Lao Tobacco sécurisait ses approvisionnements en ne travaillant qu'avec des producteurs membres d'un groupement agréé par  elle et par la signature de contrats écrits et validés par les autorités administratives. ces contrats impliquaient :

  • Les producteurs qui s’engageaient à respecter les itinéraires techniques préconisés par Lao Tobacco et notamment les engrais et pesticides utilisés et sur les quantités à livrer. Des pénalités financières étaient appliquées en cas de livraison incomplète des volumes contractuel ;

  • Lao Tobacco qui s’engageait à mettre à la disposition des producteurs, via leur groupement, les intrants nécessaires à la culture des surfaces déclarées dans le contrat ainsi que l’appui régulier de techniciens. Lao Tobacco s’engageait aussi à acheter les volumes contractuels dans leur totalité selon une grille définissant les prix d’achat pour chacun des grades. Cette grille était publiée en début de campagne après validation par le Ministère de l’Agriculture. L’achat de la production au-delà des volumes contractuels n’était pas une obligation contractuelle de Lao Tobaco et, de ce fait, les producteurs pouvaient donc la vendre à d’autres acheteurs ;

  • Les groupements qui s’engageaient à assurer le transport des intrants depuis les magasins de Lao Tobaccco jusqu’aux exploitations de leurs membres, à organiser le transport du tabac jusqu’aux centres d’achat mis en place par Lao Tobacco et à garantir le recouvrement des crédits consentis par Lao Tobacco à aux paysans via la mise en œuvre d’une caution solidaire entre membres d’un même groupement. Les groupements étaient rémunérés pour le transport du tabac et percevaient une commission sur les volumes de tabacs livrés.

Une équipe de 35 techniciens a été constituée et formée chaque année. Chacun d’entre eux avait la charge du suivi de plusieurs groupements. Cette tâche consistait à des réunions avec les « Head of Farmers » pour organiser la campagne agricole, à des réunions de formation avec l’ensemble des producteurs d’un groupement et à un suivi individuel des producteurs et de leurs parcelles. Des parcelles de démonstration étaient aussi mises en place en collaboration de producteurs.

Lao Tobacco fournissait, les semences de variétés améliorées, les engrais et les insecticides a crédit ainsi que le matériel pour la construction des fours (tôles et tuyauterie) et des séchoirs (bâches). Le recouvrement se faisait sur les livraisons de tabacs en un an pour les intrants et sur deux ans pour les matériels des fours et séchoirs.

Culture de tabac Burley

Culture de tabac Flue Cured Virginie

Achat de la production de tabacs laotiens :

Trois centres d’achats (deux à Vientiane) et un dans le sud du pays ont été mis en place. Les groupements de producteurs étaient tenus de venir y livrer la production de leurs membres dans la limite des volumes contractuels et selon un programme d’achat établi conjointement par Lao Tobacco et les responsables des groupements.  Un même groupement pouvait effectuer 3 à 4 livraisons par campagne.

 

Les tabacs étaient achetés en feuilles sèches, manoquées et conditionnées en balles nues. Les achats se déroulaient en présence du « Head of Farmers » ou de son représentant, des paysans qui le souhaitaient et d’un représentant du Ministère de l’Agriculture. Les tabacs étaient achetés selon une grille d'achat définissant les critères qualité et le prix de chacun des 36 grades d'achat. Cette grille était présentée et discutée avec l'ensemble des Heads of farmers lors d'une réunion de début de campagne. Elle était ensuite validée par le Ministère de l'Agriculture.

 

Lors des achats les balles étaient pesées individuellement et un agent de Lao Tobacco  les classait selon la grille d'achat. Les tabacs d'un même groupement étaient payés par chèque au nom du « Head of Farmers » dans un délai de 48 heures déduction faite des crédits et avances consenties à chacun des membres. Il effectuait ensuite le paiement individuel de chacun des membres. pour éviter les litiges, Lao Tobacco éditait une liste récapitulative des tabacs achetés par producteurs avec le nombre de balles et le poids par grade, la valeur totale du tabac acheté, les retenues effectuées et le net à payer.

 

Le suivi des achats, la facturation et le paiement des producteurs ainsi que le suivi des stocks était gérés via une base de données informatisée mise au point lors de notre intervention.

Traitement et conditionnement des tabacs laotiens :

Après achat, les balles étaient stockées, par grade, en racks dans les magasins de Lao Tobacco à Vientiane.

 

Les grades étaient ensuite assemblés en fonction des spécifications des clients et les tabacs étaient traités aussi rapidement que possible pour éviter une dégradation de la qualité des feuilles.

 

Classiquement, ce traitement consistait en un épointage, une séparation des côtes et des parenchymes et une stabilisation dans un redryer. Lao Tobacco disposait pour cela d’une unité de hand-stripping à Vientiane sur laquelle une partie importante de la production était traitée.

Le processing du reste de la production était sous-traitée à des unités de battage implantées à Luang-Prabang, au Vietnam ou en Thaïlande.

 

Au cours de notre mission, l’unité de Vientiane a été modernisée et elle a été certifiée ISAO et OHSAS 18001. Nous avons aussi assuré :

  • La définition et l’exécution des plans d’investissement et des budgets de fonctionnement ;

  • L’établissement et la supervision des plannings d’activités et de maintenance de l’unité de Vientiane ;

  • La négociation et la supervision des contrats de sous-traitance ;

  • La gestion de l’utilisation des tabacs en fonction des besoins de la manufacture de cigarettes de Vientiane et des autres filiales du groupe ;

  • La recherche de clients hors groupe, la négociation et l’exécution de contrats de vente ;

  • La gestion des Ressources Humaines affectés à l’unité de Vientiane ;

  • La gestion des coûts de production.

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